expo d'été août 2011 avec Henri Tisot (photo Henry Hermellin) 29 juillet









FELIX TISOT

Félix Tisot, mon père, le dernier Impressionniste"
Félix Tisot mon père a un jour écrit cette phrase si prégnante ; " Nos yeux s'ouvrent quand ceux des nôtres se ferment". Cette citation revenait à ma mémoire tandis que je déambulais, il y a peu, au Musée d'Orsay à l'étage des Impressionnistes. La plupart des chefs d'oeuvre qui défilaient devant mes yeux semblait me faire de l'oeil car je découvrais dans chacun d'eux les mêmes coloris que l'on trouve dans les oeuvres de mon père aujourd'hui disparu. Oui, " nos yeux s'ouvrent quand ceux des nôtres se ferment". Jusqu'à " La Gare Saint Lazare" de Claude Monet où j'imaginais qu'auraient pu s'enraciner sous la verrière, les oliviers des paysages du Midi peints par mon père, entravant ainsi la bonne marche de la locomotive entrant dans la gare parisienne. J'étais sidéré. C'était un fait, " Les coquelicots" de Claude Monet ou " Chemin montant dans les hautes herbes" de Pierre Auguste Renoir exhalent la même chaleur qui s'évade des toiles de Félix Tisot, de même que dans " La route de Louveciennes" de Camille Pissarro pourtant couverte de neige. Comment mon père a-t-il fait pour s'approprier la lumière et les coloris, les bleus, les ocres, les verts, les blancs, les jaunes, les violets de Renoir, de Monet, de Pissarro, de Bazille, de Cézanne, de Sisley et même de Degas pour la projetter sur ses toiles ? Félix Tisot serait donc "le dernier des Impressionnistes" ? Un jour viendra où il sera reconnu comme tel, j'ai confiance ! Je veux citer une anecdote. Mon pèrre a passé les septs dernières années de sa vie en compagnie de Suzy ma mère avec moi à Paris. Le succès de ses expositions était tel qu'il se plaisait à dire: "Paris, pour moi, c'est Lourdes !". Il lui arrivait parfois de composer ses paysages à Sanary dans le Var quand il y résidait, mais lorsqu'il revenait à Paris, observant ses toiles, il se trouvait tout quinaud : " mince ! où est passée la lumière ? " C'était facile à comprendre : dans le Midi inutile de mettre la lumière dans une toile, la lumière est dans l'air, elle est ambiante et baigne la toile. Mais une fois rendu à Paris, on s'apperçoit que la lumière est restée en bas . A coup de pinceaux, il faut s'ingénier à reconstituer dans la toile cette lumière du Midi sans laquelle les choses ne seraient pas ce qu'elles sont. Félix Tisot, mon père, s'y attelait alors, rejoignant ainsi par le grand mystère de l'imagination, la luminance des toiles des grands Impressionnistes qui s'était imprimée dans sa mémoire. Ainsi, "ses yeux se sont ouverts quand ceux des célèbres Impressionnistes se sont fermés".
Henri Tisot, comédien, le fils du peintre Félix Tisot, qui le considérait comme la plus belle oeuvre de sa vie. Sacré Papa !

Je vous présente mon père, LE SOLEIL !
Mon soleil, FELIX TISOT. Jamais prénom ne fut mieux porté; FELIX veut dire "heureux" ! FELIX les ténèbres, ce n'est pas son fort; l'Apocalypse qui est tant à la mode, non plus. Lui sa spécialité, c'est la lumière.
Il la peint d'ailleurs à la même allure qu'elle se déplace; trois cent mille kilomètres à la seconde. C'est vous dire que mon père vous transporte en un clin d'oeil dans le midi.
La passion de mon père, c'est d'ouvrir des fenêtres sur le pays qu'il aime. Mais attention ! Le Midi qu'il peint, ce n'est pas celui des bluffeurs, des "exagérateurs", celui inventé par ceux qui l'avilissent en le parodiant...Non ! Il ne faut pas confondre, les fenêtres de mon père s'ouvrent à de larges battants sur le Midi de Mistral, de Daudet, de Giono, de Pagnol, celui de la tendresse et de la pudeur avec ce que je ne sais quoi de rare qui vous fait dire que c'est profond.Autant de sentiments que l'on ne prête pas volontiers aux méridionaux et pourtant, regardez ! Ces toiles signées Félix Tisot n'ont-elles pas l'air de vous dire : "et la tendresse, dis ? la tendresse...Qu'este-ce que tu en fais?"."La pudeur, c'est un sentiment fin et délicat: c'est le contraire de l'Escartefiguerie !"