J’ai découvert dans l’expression abstraite la possibilité d’une expérience porteuse de sens.

 Un incroyable et jubilatoire espace de liberté que l’on doit explorer avec audace pour aller vers la peinture la plus proche de son intime conviction, au plus près de soi-même.

 Peindre est un acte de désir.

 Avide du pouvoir de se surprendre, entre fulgurances et temps suspendus.

 Jouer avec le hasard comme puissance créatrice et source d’inspiration, une sorte d’évidence de l’instant … entre jaillissement spontané et quête du geste juste.

 Je suis à la recherche de l’improbable dans le côtoiement du risque, en résonance avec l’écrivain Antoni Casas Ros (Le théorème d’Almodovar) :

 « les écrivains sont obligés au réalisme car ils sortent de leur cartable des images mentales alors quele peintre a le droit magnifique de faire violence à notre imaginaire ».

Texte de Daniel Lacomme – Peintre :

La peinture depuis l’époque de l’abstraction lyrique s’est enrichie et émancipée par l’irruption de l’écriture et du geste. Ce geste introduit une notion toute particulière du temps et une conception nouvelle de l’espace pictural. C’est ce qui apparait d’emblée devant les oeuvres d’Anne Zablot.

 Les compositions abstraites, libres, déliées, de cette artiste inventive et très contemporaine dans son approche de la peinture, s’imposent à notre regard par la décision de cette manière personnelle.

Pour autant, dans cette apparence d’improvisation, toutes les étapes restent visibles en strates dans une superposition très mesurée du temps de leur élaboration. Il en ressort des compositions très maitrisées que ce soit sur le papier ou sur la toile.

Dans les meilleurs moments de cette démarche intelligente et racée, le regard se laisse conduire et perdre dans un cheminement ininterrompu de linéarités et de couleurs, expression arrêtée mais mouvante, suspendue par la justesse du geste.

Réflexion sensible et liberté du geste sont peut-être les valeurs emblématiques de cette attachante et singulière artiste.